Au secours, ma conseillère d’orientation ne peut rien faire !

La rentrée est maintenant lointaine, vous êtes bien intégré à votre classe et passez déjà vos premiers examens. Cette année est une période charnière de votre scolarité où parents et professeurs vous  harcèlent sur votre avenir ! Ce scénario type, on l’a tous connu et lorsqu’on veut travailler dans le jeu vidéo, les professionnels de l’orientation nous parlent souvent d’écoles privées. Donc, moi petit étudiant sans-le-sous je vais devoir laisser tomber ? Mais non, il suffit de mieux se documenter !

Le divertissement numérique est un secteur industriel récent. Il y a vingt ans, aucunes écoles ne proposaient d’études propre aux jeux et pourtant l’engouement pour ce support grimpait déjà dans les chaumières. Lorsque j’étais au lycée, je trouvais le choix limité. N’ayant ni les moyens d’entrer à Rubika, ni le talent pour survivre en prépa le temps d’intégrer une école public, je me sentais condamné. La conseillère d’orientation ne savait pas quoi me proposer en dehors de DUTs et d’universités. Bien que je savais qu’une formation en programmation pourrait m’amener à travailler pour des studios, j’étais stressé à l’idée de ne pas pouvoir entrer dans le milieu. Je pensais que le manque de spécialisation, de contactes et même de chance pourrait m’éconduire vers un autre secteur.

Quatre ans plus tard, me voilà à tenir un blog sur ce domaine que je chéri tant, plus confiant que jamais ! A force de discuter avec des étudiants en fin de cursus et des professionnels, je me suis aperçut que j’avais tord. Si les écoles les plus chers sortent en premières lors de nos recherches, c’est aussi parce qu’elles ont une bonne communication. Bien sûr, elles méritent leur excellente réputation ! Mais en chinant un peu, on découvre que des facs proposent de nouveaux masters, des licences pro ou qu’il existe des écoles moins chères et des BTS qui n’ont pas à rougir de leurs programmes. Surtout, on remarque que les studios sont largement ouvert aux parcours atypiques. Comme il y a vingt ans, vous n’avez pas besoin d’avoir fait des études spécifiques aux jeux tant que vous disposez de compétences solides et réelles dans votre domaine. La passion est le second atout, un port-folio de projets personnels est toujours bienvenu.

Le défaut des élèves qui connaissent déjà leurs vocations, c’est qu’ils sont souvent bornés à un nom de métier. Ils recherchent alors une voie déjà tracée pour atteindre ce qu’ils convoitent. Hors, il n’existe pas de parcours type. Surtout dans un secteur aussi jeune que le jeux vidéo où des nouveautés naissent encore. Vous ne pouvez pas tout connaître et votre conseillère d’orientation non plus ! Pour cette raison, il est préférable de s’orienter vers une branche de métier et de se spécialiser au grès des années.

Vous n’en aurez que des choix plus larges et découvrirais peut-être que programmeur gameplay ce n’est pas trop votre truc, les shaders ça vous parle plus. Si je prends mon cas personnel, un master d’intelligence artificielle me plairais peut-être d’avantage qu’une formation trop généraliste sur les jeux. Parce qu’en particulier, je voudrais m’occuper du comportement des bots ou de la génération procédurale. C’est déjà plus précis que de dire “maman, je veux être développeur de jeux” car en soit ce métier n’existe pas. Il est découpé en plein de petites divisions parfois méconnus du grand public. Comme pour les films, créer une expérience digitale touche à toutes sortes de professions. Lorsque vous dîtes à votre conseillère d’orientation que vous voulez faire des jeux, finalement vous ne lui donnez pas assez d’indices pour sa piste de réflexion. Mon blog parlera d’avantage de programmation et de game design, mais j’essaierais de vous documenter sur d’autres domaines comme le marketing, le management, le sound design et tant d’autres choses. Principalement, par le biais d’interviews d’étudiants et de travailleurs pour la nouvelle catégorie qu’inaugure ce présent article.

La chaîne YouTube Pause Process donne un excellent aperçut des défis techniques pour la réalisation de jeux. C’est un bon moyen de découvrir les dessous du métier.

Pour alimenter vos connaissances, il existe des sites spécialisés comme celui de l’Association Française des Jeux Vidéo (AFJV). Il s’agit d’une base de données recensant les studios français, mais aussi les différentes formations et propositions d’emplois. C’est en fouinant dans cette dernière catégorie que l’on peut saisir la diversité des corps de métier rien que pour le divertissement numérique. L’accueil du site met à disposition les dernières actualités sur les studios, les jeux et les événements. Si vous souhaitez effectuer une veille informationnelle, c’est un spot ad hoc. Je vous conseille également de consulter les fiches métiers et les interviews de Gaming-jobs. En plus d’y trouver des propositions de stages ou de bénévolats qui vous permettront de poser un pied dans l’industrie dès vos 18 ans, ce site fait office d’Onisep du jeux vidéo. Pour plus de précision sur une profession, n’hésitez pas à vous adresser directement aux concernés.

Les salons, comme les portes ouvertes, sont indispensables pour se faire une idée plus concrète d’une formation.

l’AFJV possède un forum intéressant pour cela, mais vous pouvez également aborder des étudiants ou des travailleurs sur twitter. Cette plateforme facilite le premier contacte. Osez sans craintes car tout le monde aime parler de sa carrière, surtout face à un public attentif. Si vous avez l’occasion de vous déplacer, allez à leurs rencontres physiquement. Que ça soit sur des salons d’orientation comme ceux organisés par l’Etudiant ou des portes ouvertes d’écoles, ne passez pas à côté. Les festivals indépendants sont souvent des lieux d’échanges entre concepteurs et joueurs. Lors de la convention Animasia de Bordeaux, l’Indie Game Factory organise un showroom invitant une vingtaines de studios et sept écoles pour parler de leurs productions aux visiteurs. Cela se déroulera le week-end du 13 Octobre et c’est l’idéal pour accoster des spécialistes.

Dans la même idée, il y a le Show n’ Tell des IndieCade Europe (19 et 20 Octobre). Cet événement à en plus la particularité d’accueillir des studios du monde entier et de proposer des conférences. L’an dernier j’ai pu longuement converser avec les écossais de No Code Studio (Stories Untold), et la graphiste des Accidentals Queen (A Normal Lost Phone). Malheureusement,  à cette époque je faisais de très mauvaises interviews que je n’ai pas su exploiter pour un article. Néanmoins, j’ai pu en apprendre beaucoup sur les démarches pour devenir indé en France et ailleurs.

Mon dernier conseille si vous voulez vraiment vous faire une idée de l’industrie est de rester au plus proche du monde vidéoludique quotidiennement. Ça ne signifie pas que vous devez geeker toute la journée, ça vous n’avez pas besoin de moi pour vous y mettre ! S’entourer d’autres passionnés comme sur un serveur Discord, un groupe Facebook ou un forum dédié vous forcera à en apprendre plus sur les processus de créations. Faites des jeux, mais tester aussi ceux des autres. N’attendez pas d’être dans le milieux pour élargir votre culture, lisez des critiques et soyez au courant de l’activité des studios. Vous en saurez beaucoup plus sur une œuvre en connaissant son contexte de création et ses auteurs, quand vous contentant de jouer. Rien de mieux que de lire quelques magazines comme IndieMag et Gamasutra pour cela. La catégorie “jeux vidéo” du jeune trimestriel Carbone propose des études très pertinentes.

Quant à mon blog qui refait peau neuve, j’ai décidé de me concentrer exclusivement aux jeux vidéo cette année… au revoir les maths. J’espère que les ressources que je met à votre disposition vous serons utiles. Sur ce, je déclare ouverte la nouvelle catégorie “Orientation Professionnel” !


source :

Illustration de @The_Ginger_Squirrel (instagram)

2 Comments

  1. Merci pour cet article, en effet, beaucoup pensent que les études sont hors de prix et donc inaccessibles. Il existe pourtant des écoles publiques dont l’ENJMIN ou des écoles en alternances dont la formation est payée lorsqu’on trouve un contrat pro dont ISART Digital. C’était mon cas en 2006, puisque je n’avais pas de ressources financières.
    Il est toujours possible de faire un prêt bancaire cela dit.

    Mais le meilleur moyen de se lancer avant même de rentrer dans des écoles, c’est de mettre les mains dans le cambouis et de réaliser des jeux ou bien des choses qui gravitent autour de ce médium. (vidéo, photo, littérature, blog, programmation, art, etc.)

    Le fait de rentrer dans une école ne veut pas dire que l’on va avoir un CDI chez Ubisoft à la fin du cursus. Le marché est saturé dans certains domaines, dont le game design. Il faut savoir être polyvalent et motivé pour avoir le maximum de chances de faire ce que l’on souhaite. Bref on pourrait en discuter des heures… 🙂

    Au plaisir de te lire.
    -Benoit.

    • Merci pour ton commentaire Benoît !

      Effectivement, l’Enjmin revient souvent lorsqu’on parle de formation peu chère (et même gratuite pour les boursiers) dans le jeux vidéo. Cependant la sélection à l’entrée est plus rude, et d’ailleurs j’ai un article en cours de rédaction pour donner des petits tips pour leur concours ! Sinon comme tu l’as dis, les contrats pro ou d’apprentissage en alternance sont vraiment les meilleurs options pour financer ses études. Ajouter à cela le fait qu’on apprend toujours mieux quand on pratique au sein d’une entreprise.

      Je ne sais pas si avec la croissance des serious games, des escape room etc.. le marché s’est un peu débloqué pour les game designers. Des fois je tombes sur des annonces d’entreprises inattendues comme Dassault ou Thales, car au final ils en ont besoin pour leurs simulations 3D je crois.

      En tout cas, ça me fait plaisir que cet article t’a plus !

      – Tom.

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